
Quatre facteurs pour une Révolution
Les révolutions ont toujours été des moments charnières dans l’histoire des sociétés, marquant des ruptures et des transformations profondes. Quelles que soient les époques, ces bouleversements s’expliquent souvent par un ensemble de conditions qui, conjuguées, aboutissent à un changement radical de régime. Telle la rotation d’un astre sur lui-même, une révolution transforme durablement la société où elle se libère. Dans cet article précédant un essai prochainement publié, nous examinerons quatre facteurs essentiels qui favorisent l'émergence des révolutions politiques : la fenêtre d'opportunité historique (1), l'organisation d'une avant-garde (2), l'existence de figures tutélaires spontanées ou crées parmi les élites (3), et enfin le soutien de puissances étrangères souhaitant favoriser une faction pour souscrire à leurs propres intérêts géopolitiques (4). Quatre facteurs constitutifs d’une matrice de pensée, d’organisation et d’action.
Facteur numéro 1 : l’émotion populaire comme fenêtre d’opportunité historique.
La faim, la peur, le putsch et le coup d’Etat. Ces émotions collectives et ces évocations d’actions violentes et coordonnées partagent le même lit : celui des conditions de création de la fenêtre d’opportunité. Ayant pour but le renversement d’un régime jugé illégitime à qui l’on souhaite arracher le Pouvoir pour en faire un usage autre, conformément à des objectifs sociétaux prédéfinis, ces évocations de pages lointaines (exemple du putsch des généraux de 1961) sont aujourd’hui susurrées voire criées par des citoyens français ayant définitivement divorcé du système faussement démocratique campé par la République Française. Le masque inique de la Révolution faussement démocratique, ayant uniquement transféré le Pouvoir à la bourgeoisie à travers le renversement des valeurs ancestrales et la proclamation de l’argent comme nouveau souverain Bien remplaçant Dieu, est désormais tombé. Et cette chute entraîne une colère d’un peuple à qui l’on a menti. Nous observons ainsi une lente maturation du corps social français vers l’évidence d’un choc nécessaire pour provoquer l’Histoire ou s’y inscrire selon. Des gilets jaunes aux bonnets jaunes de la coordination rurale en passant par les « éveillés » des manifestations antipass et les « bernés » des manifestations contre la retraite à 67 ans, des Français modestes fauchés en première ligne de la mondialisation malheureuse sont désormais rejoints par des chefs d’entreprises de petite bourgeoisie provinciale frappés par la paupérisation provoquée par l’offensive mondialiste sur les peuples. Pour y survivre, une majorité a choisi derrière la perspective d’une clochardisation de signer le pacte faustien et ainsi d’abandonner leur famille, leur pays et leur rêve de Nation prospère et pacifique pour embrasser un monde sans racines articulé sur les deux mamelles lucifériennes de perdition des âmes à savoir le matérialisme et l’individualisme ici maquillés en jouissance consumériste et culte égocentrique détruisant toute notion de communauté pourtant constitutive des sociétés primordiales comme modernes. Ici, nous touchons à un premier facteur : le fenêtre d’opportunité historique.
Ce premier facteur déterminant plonge souvent ses racines dans une crise sociétale. Nous parlerons de la faim mère de la colère, mais nous pourrions aussi parler de la déroute militaire mère de la peur. Pensez-vous que la contre-révolution vichyste aurait pu avoir lieu en 1940 si l’effroi de la défaite militaire n’avait pas tout d’abord marqué les Français jusqu’ici bercés des illusions de l’inévitable victoire de la première armée du monde ? Cet effondrement militaire a créé ce grand effroi qui fut à l’origine de la « divine surprise ». Car les révolutions naissent fréquemment dans des contextes de profonde désillusion sociale, tels que la paupérisation croissante de la population, un déficit démocratique, la ploutocratie rampante ou la défaite militaire. Mais la peur n’a pas le monopole de la création de la fenêtre d’opportunité. La faim est aussi une carte maîtresse.
Et l’agent mondialiste Lénine ne s’y trompait pas quand il définissait la « faim comme la mère de toutes les révolutions ». L’agent Oulianov n’avait fait qu’analyser les conditions de réalisation de la mère des révolutions modernes, notre Révolution Française. En effet, la faim fut le grand déclencheur de contestation. Mais cette faim a été programmée et provoquée par des agents de déstabilisation infiltrés dans l’appareil d’Etat monarchique français. Le pouvoir royal pourtant conscient de l’importance du contrôle du prix des denrées alimentaires avait abandonné cette clé de contrôle en dérégulant et en libéralisant le prix du blé et du pain comme le rappelle avec brio Marion Sigaut. Cette libéralisation forcée et forcenée en raison des dettes du pouvoir royal a permis de déstabiliser le royaume et de nuire à l’autorité royale tout en légitimant d’autres figures de contestation, elles-mêmes financées et contrôlées par les forces agissant derrière cette dérégulation. Pour détruire la France de l’ordre ancien fondée sur le baptême de guerriers francs redoutables acceptant de mettre leur francisque au service des lois éternelles de Dieu, il fallait infiltrer, déstabiliser puis attaquer le régime. Mais ces attaques auraient été impossibles sans un mécontentement populaire gagnant en vivacité et permettant de créer des situations insurrectionnelles. L’histoire nous enseigne que lorsque les individus se sentent exclus et que le fossé entre les différentes classes sociales se creuse, cela crée un terreau fertile pour des mouvements révolutionnaires. Cette fenêtre, bien qu'elle soit souvent éphémère, doit être saisie rapidement pour catalyser le changement. Aussi, les révolutionnaires de 1789 agirent-ils avec la plus grande célérité : une fois la déstabilisation ensemencée par la manipulation du pain et la spéculation puis l’achat de tous les grains de tous les greniers du royaume habilement expédiés en Angleterre afin d’éviter toute désescalade contre-révolutionnaire, des figures tutélaires rentreraient en jeu afin de canaliser le carburant des révolutions j’ai nommé la colère, pour alimenter un changement de régime. Mais seule une avant-garde révolutionnaire permit cela.
Facteur numéro deux : une avant-garde pour coordonner la révolution.
De manifestations en pétitions et autres vociférations digitales sur les réseaux sociaux, la société française peine à entrevoir quel chemin efficace la sortira de cette ornière creusée par les traîtres-fossoyeurs aux commandes de l’Etat. Et pourtant un chemin existe bien. Mais il est pentu, sinueux et caillouteux. Battu par les vents et la neige, offrant des précipices vertigineux où l’on perd son confort, sa liberté voire sa vie, peu de personnes l’emprunteront. Ces idéalistes de l’engagement et du combat, que des agents du système pasticheront en originaux ou aliénés, sont pourtant constitutifs du deuxième facteur : la constitution d’une avant-garde. L'organisation d'une avant-garde constitue un facteur crucial à la réussite d'une révolution, afin notamment de canaliser l'énergie populaire évoquée à travers le premier facteur. Cette avant-garde, souvent constituée de groupes politiques ou de mouvements sociaux, joue un rôle central en mobilisant et structurant les aspirations de la population. Elle doit être capable d'articuler des revendications claires et de proposer des solutions viables tout en organisant les actions nécessaires pour y parvenir. Vous pensez que la Révolution Française forte de 300 000 individus n’a pas bénéficié d’une logistique implacable comme d’une organisation planifiée ? Nulle action ici bas n’a de portée efficace sans une organisation apportant les moyens matériels pour soutenir, équiper et coordonner la force humaine soulevée. Salaires, alimentation, soins médicaux, infrastructures, véhicules, transmissions, armements divers...autant d’outils techniques et matériels sans lesquels aucune avant-garde ne peut durablement se réunir, s’organiser et agir. Mais cette action nécessite une planification supervisée par un Etat-Major qui assure la coordination générale. Et quel fut l’Etat-Major de la Révolution Française ? Les loges maçonniques fortes des élites de la société française constituée à travers une cinquantaine d’années d’infiltration du royaume par des clubs de lectures et autres « sociétés philosophiques libres » amalgamant de façon sidérante des Nobles souhaitant la fin de l’ordre ancien et de bourgeois aspirant à la prise du Pouvoir par l’argent qu’ils avaient accumulé. Cette collusion d’intérêts antagonistes habilement maquillée derrière des objectifs mensongers et équivoques, permit aux révolutionnaires de compter en leur sein des personnes formées dans différents domaines (commandement, comptabilité, orateurs, rédacteurs, imprimeurs, publicitaires…etc) agissant comme un seul super-organisme au profit d’une frange de la société réceptive jusqu’à ce jour à leurs mensonges.
L’autre exemple directement inspiré par la Révolution Française dont il a emprunté les traits comme l’organisation est la Révolution bolchevique de 1917 où le Parti bolchevique, dirigé par Lénine, a su fédérer les mécontentements populaires et établir un programme cohérent mais encore une fois mensonger et équivoque, susceptible de séduire les masses en quête de changement. Une avant-garde organisée est essentielle non seulement pour coordonner les actions, mais aussi pour donner une légitimité politique au mouvement révolutionnaire. Mais ce parti bolchévique n’était qu’une avant-garde dite du « prolétariat » parmi d’autres avant-gardes représentant d’autres facettes de la société russe. Etant majoritaires ou se déclarant comme tels jusqu’à se parer de ce nom (bolchevique signifiant « grand » ou « majoritaire ») face à des mencheviques (petits ou minoritaires), ainsi que d’une couleur (les Rouges face aux Blancs tsaristes comme jadis les Révolutionnaires français confrontés aux Blancs royalistes français), cette avant-garde fut avant tout constituée par un homme et pour un homme : Vladimir Ilitch Oulianov, alias Lénine, un agent de l’Etat profond coulant une villégiature paisible sur les rives du Lac Léman durant la première guerre mondiale, attendant d’être appelé une fois la fenêtre d’opportunité ouverte à prendre la tête de l’avant-garde révolutionnaire. Et cette fenêtre d’opportunité fut offerte par la première guerre mondiale qui livra l’armée russe tsariste à une série de défaites cuisantes, ainsi qu’à un épuisement des ressources de ce pays. Deuils massifs et paupérisation . il n’en fallut pas plus pour semer les germes de la contestation puis de l’agitation qui allait bientôt faire vaciller les Romanov. Leçon d’histoire que semble suivre scrupuleusement un Vladimir Poutine qui se refuse à céder aux menaces toujours plus grandes d’un Etat profond cherchant désespérément un exutoire dans la guerre. Si Vladimir Poutine augmentait aujourd’hui son effort de guerre en élargissant les fronts, affaiblissant d’autant plus le moral de son peuple comme ses ressources minières ou pétrolières pourtant abondantes, la société russe qui bénéficie d’une prospérité retrouvée après vingt ans d’efforts ininterrompus pourrait replonger dans une crise et provoquer des agitations sociales, encore une fois préludes à une possible révolution ardemment souhaitée par des factions mondialistes ayant déjà dessiné l’après-Russie dépecée suite à une révolution déclenchée à la faveur d’une grande guerre (Insérer carte du département d’Etat montrant les nouveaux « Etats » de l’ex fédération russe / Projet de démantèlement de la fédération de Russie). Pour rapprocher le cas de Vladimir Poutine de notre analyse, son accession a été rendue possible encore une fois par une avant-garde qui a préparé la reprise en mains énergique de l’appareil d’Etat russe après la débâcle des années 90. Une avant-garde inédite car provenant de l’appareil d’Etat lui-même : le FSB qui reste le dernier rempart légitime de cette raison d’Etat qui n’avait pas tout à fait abandonné les élites russes demeurées patriotes, par opposition aux services Français qui furent progressivement infiltrés et livrés aux seules volontés de l’Etat profond euro-américain.
L’avant-garde constitue l’élément précurseur et canaliseur de masses hébêtées et aspirées dans leur routine asservissante, mais subitement réveillées par la douleur de l’Epreuve. Cette avant-garde consciente et primo-engagée constitue une dorsale d’agrégation et de coordination future d’une contre-société en gestation expulsant des salves magmatiques brûlantes auxquelles ne résisteraient pas une poignée d’individus car les révolutionnaires de la première heure, idéalistes mais désorganisés sont rarement ceux qui goûtent aux fruits d’une révolution ayant triomphé. D’autant que toute bonne avant-garde confrontée à la dialectique des volontés que nous appelons communément « guerre », qu’elle soit mondiale, régionale ou civile, doit se doter d’un Etat-Major obéissant à une dynamique structurelle verticale, autrement dit hiérarchisée et disposant d’une chaîne de commandement guidée par une ou plusieurs figures tutélaires. Un Trotsky commandait l’Armée Rouge comme un Charrette ou un Rochejaquelein commandait aux Vendéens. Une avant-garde, même fondée par des « conseillers spéciaux » ou des agents de l’étranger ne pourra jamais s’élancer comme un seul homme sans disposer d’une ou de plusieurs figures tutélaires.
Facteur numéro trois : l’éclosion ou la création ex nihilo de figures tutélaires.
L’avant-garde précédemment décrite se constitue-t-elle spontanément ou a-t-elle besoin de chefs charismatiques susceptibles de la créer, de l’organiser et de la conduire dans l’action ? « Les deux mon général » vous répondrai-je. Car le troisième facteur dont nous parlons ici s’articule en fait concomitamment avec les trois autres. Car les situations illégitimes créent souvent la levée de masses comme d’individus animés par la révolte contre l’injustice et l’indignité de leurs conditions de vies terrestres. J’ignore à ce stade si un individu a le pouvoir d’animer voire de réveiller la conscience collective d’une masse humaine soudainement animée par l’émotion de la colère ou de la peur ou si c’est cette masse, en qui sommeille des individus aux talents aussi divers que les problématiques à traiter, qui soudainement secrète ses propres hérauts et porte-voix qui lui répondront en écho des actions à entreprendre pour s’élancer, se battre et gagner.
Le Grand timonier, l’incorruptible, le père-la-victoire, el lider maximo, el generalissimo, le vainqueur de Verdun, l’Homme ou la Dame de Fer, le dandy-pianiste-défroqué…Que peuvent bien avoir en commun Robespierre, Lénine, Mao, Staline, Pétain, De Gaulle, Franco, Zelensky ou encore Al-Joulani ? La prise de Pouvoir à travers un combat politique ? Bien entendu. Mais aussi un usage de la violence, légitime ou non, pour souscrire à ces objectifs politiques ? Oui car la violence en tant que concentration et application d’un faisceau d’énergie humaine sur une société donnée a été incontestablement un moyen pour renverser des situations et emporter la décision, c’est-à-dire récupérer puis incarner le Pouvoir agissant sur une société donnée. En sont-ils pour autant les acteurs conscients ou les jouets et futures victimes de ces cycles historiques bouillonnants ? Véritables figures adulées ou honnies de l’Histoire, ces personnages du théâtre dramatiquement humain des révolutions sont tous porteurs du troisième facteur constitué par l'existence de figures tutélaires issues des élites intellectuelles et morales. Ces personnalités charismatiques servent de leaders d’opinion et inspirent la population. Leur rôle est de légitimer la révolution, d’estomper les doutes et de galvaniser les foules. Par exemple, des personnages tels que Nelson Mandela en Afrique du Sud ou Gandhi en Inde ont joué des rôles cruciaux dans leurs luttes respectives. Leur stature morale, associée à leur vision de la justice sociale, a permis de transcender les simples revendications politiques pour embrasser des idéaux universels de liberté et d’égalité. Quand ces figures sont souvent vues comme des symboles d'espoir, nécessaires pour rassembler autour d’un projet commun, d’autres troquent la robe de bure ou de coton pour la chasuble ou le képi pour incarner la lutte par les armes pour fonder une nouvelle société.
Mais cette éclosion d’hommes providentiels fut parfois incubée sous une serre bien tiède, très loin de la forge brûlante des destins quand la volonté plie les forces adverses. Staline était-il cette statue de commandeur coulée de la furie Rouge ou était-ce plus modestement un agent mondialiste cynique et déterminé qui sut impitoyablement neutraliser ses opposants pour régner durant vingt ans sur l’URSS ? Les archives tendent à souligner que son accession au Pouvoir fut permise par l’Etat profond mondialiste, lui-même à l’origine de la création du mouvement révolutionnaire prolétarien sensé reprendre le flambeau au XIXe et XXe siècle de la Révolution initiée en France puis en Europe à partir du XVIIIe siècle. Ce même Etat profond qui fut confronté aux purges sanglantes de ses propres agents (Trostky en est le meilleur exemple) qui anéantirent leurs rêves de contrôle de l’ex-Empire russe. Mais ces agents créés de toutes pièces et propulsés sur le devant de scène pour tenir la rampe médiatique et haranguer le badaud ont parfois été les idiots utiles de forces occultes manœuvrant en coulisses pour déstabiliser les royaumes et les Empires entre le XVIIIe et le XXe Siècle avant de subrepticement entamer le démantèlement des nations auquel nous assistons dans ce début de XXIe siècle rugissant. Quel vertige put saisir Robespierre alias l’incorruptible, quand il comprit avec horreur quels étaient les véritables desseins des individus actionnant la Révolution pour amener une liberté mensongère et hors-sol ! Ce vertige ne fut que de courte durée car son sort était déjà réglé par les vrais commanditaires de la Révolution qui l’expédièrent à l’échafaud comme pour mieux se débarrasser de leur pion devenu gênant. Mais le mal était fait et Robespierre avait participé à renverser la royauté française puis précipiter la France dans l’abîme. Mais les révolutions plantées par des mondialistes sans scrupules depuis trois siècles obéissent tant aux mêmes règles et méthodes, régulièrement améliorées et perfectionnés de technologies et technique d’induction comportementale, qu’un général Francisco Franco les identifia assez rapidement pour éviter à l’Espagne qu’une guerre civile n’accouchât de la même Révolution qui abaissa durablement l’Angleterre, la France, l’Allemagne puis la Russie. Franco sut constituer une avant-garde fidèle au Roi et à l’ordre Ancien afin de lutter contre les Républicains espagnols et les défaire, assurant une stabilité à l’Espagne jusqu’au retour de la royauté en 1975.
Parfois, des Etats ou des forces occultes sont à la manœuvre dans la création de figures tutélaires in vitro, parfois ces mêmes figures sont puisées in vivo par un peuple à la recherche des talents nécessaires pour lancer une insurrection pacifique par de la désobéissance civile (Gandhi) ou pour affronter un Etat devenu génocidaire comme durant les guerres de Vendée (Charrette).
Force est néanmoins de constater que des individus émanant de ces contre-sociétés ont été utilisées (ou se sont imposés) comme des figures offrant une tutelle idéologique, politique ou tout simplement pratique afin d’offrir à la multitude grouillante et magmatique d’un peuple en colère l’incarnation idéale comme pragmatique. Idéale car lui permettant de créer la projection d’un ensemble de valeurs et de principes pour lesquels le combat puise son sens (comme l’exemple de la figure du grand timonier campée par Mao Tsé-Tung), et pragmatique comme celui d’un pivot autour duquel s’articule l’action légitime (le « généralissime » Franco, officier général conduisant des opérations contre-révolutionnaires). Ces projections idéalisées et ces pivots seront aussi nombreux que la diversité d’un peuple fragmenté. Et la France n’échappe à ce constat en 2024.
Mais face à l’éclosion spontanée et hasardeuse de figures tutélaires « naturelles », nous pouvons facilement observer que nombre de révolutions sont surtout guidées par des agents spécialement sélectionnés et artificiellement formés pour prendre la tête des révolutions parfois fomentées par des puissances étrangères comme nous le verrons dans le quatrième et dernier facteur. Des agents d’opposition, de dissidence puis de révolution contrôlés. Les braises de la guerre syrienne sont encore rougeoyantes et je ne devrai pas me hasarder à en parler mais pensez-vous crédible d’imaginer le personnage d’Al-Joulani comme celui d’un chef de guerre islamiste charismatique ayant construit par lui-même une armée de 30 000 Moudjahidins disposant d’équipement moderne, de chars, de missiles et de télécommunications sans l’appui voire la manipulation secrète de régimes adverses utilisant ces forces par procuration pour livrer leur guerre et souscrire à leurs intérêts ?
Car les révolutions, autrement appelées par Hegel « vent de l’Histoire », libératrices ou aliénantes et qui soufflent avec force sur des sociétés ont-elles des origines bassement terrestres et humaines ou obéissent-elles à des forces de recompositions subtiles dépassant notre entendement actuel ? La Révolution dans un pays obéit-elle uniquement à des facteurs intrinsèques ou s’alimente-t-elle voire s’appuie-t-elle avec force sur des composantes et ressources extrinsèques, autrement dit des acteurs internationaux jouant leur partition nationale voire impériale pour repousseur leurs propres frontières ou celles de leur aire d’influence géopolitique ? Voici le quatrième facteur combiné aux trois autres qui permet à une révolution de naître et d’aller vers un succès probable. Ce quatrième est tantôt le parachèvement des trois précédents, tantôt la condition sine qua non pour que les autres facteurs puissent éclore, nous livrant ici le degré de liberté, d’autonomie voire d’indépendance du pays ou de la nation concernée par le phénomène révolutionnaire. Car plus l’emprise internationale est grande, et moins le pays concerné n’est libre alors que la liberté constitue toujours son cheval de bataille.
Facteur quatre : genèse ou parachèvement par l’Etranger.
Le soutien de puissances étrangères, voire la « schismogenèse » défendue par Pierre-Antoine Plaquevent, est ce quatrième facteur de réussite ou de genèse des révolutions. Ce soutien peut prendre différentes formes, allant de l'assistance militaire à l'appui diplomatique ou économique. Dans de nombreux cas, une révolution peut ne pas être viable sans une aide extérieure. La Révolution Française a été pensée par l’Angleterre afin de réduire la puissance française en s’appuyant sur les forces occultes financières contrôlant la « City » (la Cité dans le Cité), la banque d’Angleterre mais aussi la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) qui commandait directement aux loges françaises guidées par Philippe Egalité, comme plus tard la même GLUA ordonnerait au grand franc-maçon Clemenceau alias le père-la-victoire, de cesser prématurément les hostilités afin d’empêcher la France de recouvrer son statut de première puissance continentale durablement. La Révolution russe puis la révolution allemande sont le fruit de l’épuisement de l’Empire russe et du Reich allemand suite à une première guerre mondiale perdue (voire facteur 1) encore une fois intentionnellement déclenchée par ces puissances abritées chez la perfide Albion. Comme jadis Napoléon avait été initialement cet agent de propagation révolutionnaire vers l’Europe de la jeune Révolution Française, ou plutôt de ce coup d’Etat mondialiste réussi en royaume de France, l’entreprise fut relancée au début du XXe siècle afin d’anéantir en Europe les derniers royaumes fondés rappelons-le sur l’ordre ancien (Dieu, Roi, Peuple/Famille) au profit du nouveau paradigme sociétal inversant l’ancienne trinité (Argent, Bourgeoisie financière et marchande, Consommateur/prolétariat/Esclavage). Le Christ est remplacé par Mammon, le Souverain Bien ancestral ou amour de Dieu, et par ruissellement vertueux amour de son prochain, est devenu amour de l’argent et de la matière avec l’imparable repli sur soi qui achèverait toutes les communautés naturelles mises en compétition non plus sur les talents naturels mais sur les chiffres et autres diviseurs d’existences et multiplicateurs de cupidité.
Pensez-vous que les révolutions arabes du printemps 2011 étaient des mouvements populaires spontanés drapés d’une mystérieuse providence ? Ou tout simplement des révolutions pilotées par les Américains dissimulant l’Etat profond euro-otanien ? Ces opérations d’envergure furent toutes des démarches pilotées en vue de détruire durablement le panarabisme tuant toute possibilité de création voire d’émancipation de nations arabes modernes comme l’avait imaginé le général Nasser en Egypte, inspirateur du mouvement Baas. Et toutes les branches de ce mouvement Baas ont été systématiquement coupées : le Baas irakien avec Hussein Saddam, le Baas libyen avec le colonel Khadafi et enfin ces derniers jours le Baas syrien avec Bachar El-Assad. Déclencher des guerres civiles, incuber des révolutions menant au chaos pour détruire, affaiblir et répandre les germes de la sédition et de la sécession enfantée par les migrations toujours plus nombreuses vers une Europe de royaumes perdus, de nations menacées, de civilisations vampirisées : tel est l’effet majeur de l’Etat profond occidental.
En somme, les révolutions politiques sont le résultat d'une combinaison complexe de facteurs historiques, sociopolitiques et internationaux. La fenêtre d'opportunité créée par une crise sociétale, l'organisation d'une avant-garde dynamique, la présence de figures tutélaires inspirantes, et le soutien de puissances étrangères, tous ces éléments interagissent pour donner naissance à un mouvement révolutionnaire. Comprendre ces facteurs nous permet non seulement d'analyser les révolutions passées, mais aussi d’envisager les dynamiques actuelles et futures pouvant mener à des bouleversements politiques. C'est à travers cette grille d'analyse que nous pouvons espérer anticiper et, peut-être, influencer le cours de l'Histoire. La matrice des quatre facteurs est constante : seuls les objectifs poursuivis, les modalités et ressources consacrées comme la qualité des agents sélectionnés et formés par les belligérants diffèrent. Mais ces objectifs aussi divers soient-ils peuvent se résumer à deux dynamiques structurelles : la lutte pour la création d’une société fondée sur le principe primordial ternaire/trinitaire encensant Dieu, la vie et la famille inscrits dans une société égalitaire reconnaissant le droit comme le talent naturel d’inspiration divine, ou une société révolutionnaire sans Dieu, sans famille, sans transcendance et sans communauté d’appartenance. D’un côté la vérité, le chemin et la vie, de l’autre côté le mensonge, l’abîme et la mort.
La matrice demeurera, mais la roue de l’histoire tournera au gré des volontés de construire ou de détruire qui l’auront poussée.
Alexandre JUVING-BRUNET
Ancien capitaine saint-cyrien de gendarmerie (2002-2016)
Promotion général de Galbert (2002-2005)
Ancien officier de liaison au DPSD (2011-2013)
Président des Comités de Salut du Peuple (CSP)
Président de la FFL – FONCIERE & FINANCIERE LIBRE SA
www.foncierefinancierelibre.ch
Contact :
secretariat@comitedesalutdupeuple.fr
administratif@foncierefinancierelibre.ch


